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La divergence des BRIC partie1: L'Inde
15/06/2011 14:34
L'idée m'est venue de faire un topo sur la situation économique des futures grandes puissances économique que sont les BRIC. À vrai dire c'est l'interview de Jacques Sapir qui m'a inspiré. Il est vrai que l'on parle souvent de ces nations émergentes comme si en définitive elles en étaient au même point de développement. Ou si leur évolution était en tout point similaire. La réalité crue c'est que la seule chose qui unit les Bric est leur volonté d'indépendance nationale vis-à-vis de l'extérieur et surtout vis-à-vis de l'occident. En quelque sorte, les Bric sont les vrais représentants de l'esprit gaulliste des années 60, celui promulguant un monde multipolaire dans lequel chaque nation défend jalousement son indépendance nationale. Ces états ont des stratégies industrielles politiques et commerciales visant à leur indépendance et à leur progrès économique, et en cela elles sont des exemples. Je commence aujourd'hui par attaquer un gros morceau, l'Inde. Je commence par elle notamment parce qu'un article récent de l'INED vient de décrire la situation actuelle de la démographie. Et ceux qui lisent régulièrement ce blog savent à quel point la démographie est un point important dans l'évolution économique d'un pays. L'Inde est une très grande nation et son rôle dans l'avenir de la planète est évidemment central. Nous allons donc nous évertuer à voir où cette nation en est, et où son évolution démographique et économique la mène à plus ou moins long terme. Nous verrons d'ailleurs dans la partie économique que les relations entre l'Inde et l'autre géant des Bric la Chine ne sont pas aussi splendides que çà. Et que cette alliance que représentent les Bric n'est en fait que circonstancielle.
La démographie indienne
Nous commençons donc par la démographie de cet immense pays. L'Inde fait déjà 1,2 milliard d'habitants, elle a gagné en dix ans 182 millions d'habitants. Et la croissance démographique va continuer encore quelques années malgré la baisse progressive de la natalité du pays. Essentiellement à cause de l'effet d'inertie démographique, la croissance démographique annuelle est encore à 1.64% par an ce qui reste relativement élevé. On est certain aujourd'hui que l'Inde finira par devenir le pays le plus peuplé du monde devant la Chine. Ce qui est une première historique, puisque la Chine a toujours été le pays le plus peuplé du monde, depuis l'invention de l'écriture et le commencement de l'histoire humaine. De plus, la divergence entre l'évolution démographique des deux pays, va fortement se faire sentir à long terme. En effet, la Chine a connu une transition démographique plus précoce alors que l'Inde a eu une politique de contrôle des naissances bien avant l'Empire du Milieu. Cette situation pourrait tendre à faire croire que les politiques de planning familiales ne servent pas à grand-chose. En réalité, c'est surtout la limite liée au régime politique qui explique ces différences. L'Inde est une démocratie malgré ses restes de sociétés de caste, elle a contrôlé sa natalité par des moyens que l'on dira humainement raisonnables. La politique de l'enfant unique en Chine ne pouvait s'imaginer que dans un pays où l'autorité centrale était suffisamment puissante pour être pratiqué avec toute sa violence et sa cruauté parfois. Même s'il faut reconnaître son efficacité à court terme la Chine connaissant un ralentissement démographique largement plus rapide.
Source: bureau des statistiques Indiennes
Cependant, si la méthode chinoise de contrôle démographique a eu des effets plus rapidement et a permis le décollage du niveau de vie chinois, c'est au prix d'un déséquilibre à long terme que l'Inde semble en passe d'éviter. En effet comme vous le voyez sur le tableau précédent le TFR( Total fertility rate) baisse continument, mais de façon relativement lente et progressive. L'Inde n'a pas connu un effondrement de la natalité comme les pays d'Europe latine, les pays arabes récemment ou la Chine avec son enfant unique. Le résultat c'est que cette évolution progressive va permettre à l'Inde un atterrissage en douceur aux alentours du seuil de reproduction. Car comme nous l'a appris Pierre Chaunu dans ses oeuvres plus une fécondité descend vite, brutalement, et plus elle risque de tomber bas une fois la transition passée. Ce qui produit des effets secondaires extrêmement néfastes comme en Allemagne ou au Japon. Il semble donc qu’à très long terme le choix de l'Inde soit un choix plus équilibrer que celui de la Chine qui va faire face dans les vingt prochaines années aux conséquences de son vieillissement massif. Cependant, il est vrai que l'Inde à cause de cette lenteur de la baisse de la fécondité connait en contrepartie une hausse de la population trop importante. Il suffit de regarder la densité moyenne de la population dans certains états pour imaginer les problèmes agricoles et les problèmes de ressources en eau potable.
Une telle carte relativise les discours sur une France surpeuplée. Franchement il y a des états indiens comme le Bengale occidental qui ont une densité de plus de 1000 habitants au km². L'Inde en moyenne c'est 382 habitants au km², la France elle ne fait que 105 habitants au km². Nous avons de la marge avant d'être aussi surpeuplés qu'eux. Il faudrait presque multiplier notre population par quatre pour atteindre de tels niveaux. Quoi qu'il en soit comme je le disais précédemment l'Inde va encore connaitre une croissance démographique importante dans les années qui viennent le temps que la baisse de la natalité fasse sentir son effet. La croissance ralentit, comme le montre le graphique suivant, mais reste importante.
Source: bureau des statistiques Indiennes
Autre problème il existe un rythme très inégal dans la croissance démographique indienne suivant les états. Entre le Nagaland dont la population a baissé de 5% sur les dix dernières années, et l'état du Meghalaya qui a augmenté de 27% sa population en 10 ans il y a un gouffre. L'Inde mérite ainsi vraiment sa définition de nation continent la variété culturelle locale se reflétant dans la variété de l'évolution démographique. Il reste à espérer que la mobilité de la population permettra à terme d'éviter des densités insupportables pour certains états.
Source: bureau des statistiques Indiennes
Au cas où certains seraient en train de se demander si les régions les plus fécondes sont musulmanes, la réponse est, cela dépend. En fait, en regardant l'évolution démographique de l'Inde on ne peut que constater qu'il n'y a pas de lien entre la religion et le taux de fécondité. Certaines régions musulmanes ont effectivement une forte croissance démographique d'autre non. L'état du Meghalaya que j'ai cité précédemment pour sa forte croissance démographique a ainsi une majorité chrétienne qui représente 65% de la population. Tout ceci ne fait que confirmer les travaux de notre démographe préféré Emmanuel Todd pour qui religion et démographie n'ont pas vraiment de liens de causes à effet. En tout cas, cela ne se voit pas dans les données.
Source Herodote
Après ce petit exposé sur la situation indienne en matière démographique nous comprenons bien que le pays n'est pas encore dans la phase développement. En effet, l'Inde a quelques décennies de retard sur la Chine. Ce pays n'en est qu'au début des effets positifs du ralentissement démographique, dans quelque temps les actifs vont augmenter beaucoup plus rapidement que les inactifs à cause de la baisse du nombre de jeunes à éduquer. La fenêtre de développement s'ouvre à peine pour ce pays. La croissance économique devrait donc s'accélérer dans les années qui viennent sous cet effet classique de la transition démographique. En effet au cours du passage de la transition démographique il y a un moment où le nombre d'actifs augmente très rapidement pour nous ce fut la période des trente glorieuses. Plus d'actif en proportion cela signifie moins de charges par tête et donc une plus grande capacité à produire et à consommer. Évidemment cela n'a qu'un temps puisqu'après le pays vieillit. C'est un moment particulièrement opportun pour industrialiser facilement une nation. Tout du moins si l'Inde ne fait pas trop d'erreurs dans ses politiques macroéconomiques. À très long terme il est probable que l'Inde dépassera la Chine en terme de dynamisme non seulement à cause de sa population plus grande, mais surtout parce que l'Inde est partie pour avoir une fécondité d'équilibre une fois la transition passée. Je me demande quel effet ses écarts d'évolution démographique vont produire sur les relations entre l'Inde et la Chine. La Chine richissime vers 2030 se voyant dépassée petit à petit par un pays beaucoup plus jeune et dynamique à ses frontières. On a connu en Europe de telles évolutions et l'on sait par expérience que les tensions montent dans ce genre de cas. Il en ira probablement de même entre la Chine et l'Inde qui se disputeront alors la première place du podium économique mondial.
L'évolution économique de l'Inde
Venons en maintenant au sujet favori de ce blog l'économie. La situation économique indienne réelle est assez éloignée des quelques idées reçues trop répandues sur ce pays. Tout d'abord, le pays n'est pas si dynamique si on la compare à ce qui est comparable. Ensuite, la situation commerciale de l'Inde est en réalité assez difficile notamment face à la Chine qui lui fait économiquement mal. Comme je l'ai dit juste avant l'Inde n'a pas encore décollé à cause de son retard démographique, il est certain par contre que dans une dizaine d'années elle sera probablement le pays le plus dynamique du monde sauf accident. Comme vous pouvez le voir ci-dessous la croissance indienne très forte par rapport à nos critères de pays en décadence. Elle est en faite faible si on la compare à la croissance chinoise. Et surtout il faut prendre en compte la croissance démographique de la population. La Chine connait une croissance plus forte avec une croissance démographique largement inférieure ce qui signifie que le PIB par tête y augmente largement plus vite. La croissance indienne est donc plus une croissance quantitative pour l'instant qu'une croissance qualitative, mais c'est normal puisque ce pays n'est encore qu'au début des effets de la transition démographique. Avec le ralentissement de l'augmentation des jeunes et l'accélération du nombre d'actifs l'Inde devrait rapidement voir son niveau de vie augmenter. Pour l'instant, la croissance par tête reste relativement lente et le pays n'est pas prés à ce rythme à rattraper les niveaux de vie occidentaux ou même chinois. Il faut savoir distinguer qualité et quantité. La simple croissance démographique créant une croissance économique par nature. Cependant ce développement de l'Inde que j'annonce c'est sans compter sur les effets de la mondialisation néolibérale à laquelle malheureusement l'Inde s'est jointe. Ce pays qui reste encore protectionniste sur nombre de secteurs comme l'automobile a quand même entamé une orientation libre-échangiste palpable depuis le début des années 2000. Bangalore, la fameuse ville qui fait office de Silicon Valley indienne est un peu le symbole de cette ouverture qui est censée être positive pour l'économie indienne. De nombreuses entreprises occidentales ont ainsi délocalisé leurs activités informatiques et de service en Inde. Ce pays jouissant de salaires faibles, de programmeurs bien formés et en très grand nombre. Mais l'ouverture aux échanges a eu aussi des effets sur les importations indiennes et pas seulement sur ses exportations de services. En effet si l'Inde écrase la concurrence européenne ou américaine par ses coûts extrêmement faibles dans les services informatiques, elle est par contre mal armée pour résister à l'ogre géant de l'Asie montante la Chine dans d'autres domaines. Qui plus est, cette dépendance à l'exportation a couplé la croissance indienne à la situation du reste du monde. L'Inde se rendant ainsi très sensible aux variations de l'économie mondiale.
Le tableau précédant est assez clair. L'Inde souffre aujourd'hui de la concurrence chinoise avec un déséquilibre impressionnant, les exportations chinoises vers l'Inde étant deux fois plus importantes que les exportations indiennes vers la Chine. Des tensions se font d'ailleurs sentir entre les deux pays l'Inde souffrant de la concurrence chinoise comme le rapporte cet article de Reuters. Là comme ailleurs la Chine joue un jeu de cavalier solitaire poussant son concurrent à la faillite. Heureusement l'Inde ne commerce pas qu'avec la Chine et rééquilibre en partie son commerce extérieur en siphonnant comme tout le monde l'occident et les USA en particulier. Mais c'est globalement insuffisant pour rééquilibrer le tout. Ainsi la balance commerciale indienne est déficitaire comme on peut le voir sur le graphique suivant. Ce déficit oblige le pays à emprunter sur les marchés financiers pour financer sa dette, vous connaissez la musique. La libéralisation du commerce indien s'il a donc développé les services informatiques locaux a surtout desservit l'économie indienne dans son ensemble. Le déficit commercial en est la preuve. Et dans un pays fortement inégalitaire à la base cela ne peut qu'amplifier encore un peu plus la lutte des classes locale. Avec tout ce que cela signifie en terme de tension sociale, ethnique ou religieuse pour un pays extrêmement diversifié sur le plan ethnoreligieux.
Comme le disait Jacques Sapir dans son dernier interview, la croissance économique est avant tout un phénomène endogène aux sociétés. Le cas de certains pays fortement exportateurs ne doit pas cacher d'une part les dégâts que cela cause dans d'autres régions du monde, y compris les nôtres. Mais cela cache aussi le fait que ces déséquilibres sont par nature intenables à long terme. Ensuite les spécialisations induites par la mondialisation des échanges produisent localement des amplifications d'inégalité. Si les ingénieurs indiens sont surement contents de pouvoir piquer des emplois aux Français ou aux Américains, on peut se demander en revanche ce que les producteurs de textiles ou d'électronique indiens pensent de la libération du commerce avec la Chine. En plus, l'Inde n'avait pas besoin de développer ses exportations pour développer son économie. Grâce au potentiel de son immense marché intérieur, il lui suffisait de s'ouvrir aux investissements extérieurs tout en restant barricadé dans ses frontières, comme l'a fait la Chine dans les années 80-90 avant son entrée dans l'OMC, pour avoir une forte croissance et un développement technique. L'ouverture aux échanges de l'Inde est à double tranchant pour son économie surtout qu'elle se produit à un moment où le seul moteur de la consommation mondiale, l'Occident, cale. L'Inde nous montre également que la mondialisation n'est pas un bénéfice pour tous les pays en voie de développement. Comme le rappelait récemment Sapir c'est surtout la Chine qui a bénéficié de la mondialisation. L’Inde, si elle participe à la destruction des économies occidentales, est aussi victime de l'excédent chinois.
YANN
http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-divergence-des-bric-partie1-l-inde-76400535.html
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Le droit du peuple grec à disposer de lui-même
15/06/2011 14:25
Je pars en Grèce demain pour soutenir les manifestations contre le plan d’austérité car aujourd’hui, dans ce pays d’Europe berceau de notre civilisation, c’est tout simplement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui est bafoué.
Ceux qui ont en permanence à la bouche l’expression droit de l’homme ou le mot démocratie restent pourtant bien silencieux face à cette situation sans précédent sur notre continent.
Des organisations supranationales sans aucune légitimité démocratique sont en train de ruiner et de spolier un membre de l’Union européenne… et tout cela serait normal !
Il est vrai que la classe politique grecque habitée plus encore que chez nous par une fausse alternance leur facilite le travail. Pour autant, il est indispensable, au moment où ce peuple se sent abandonné de tous, culpabilisé, vidé de sa substance sur le plan économique, social et surtout moral, d’aller lui dire : vous n’êtes pas seuls, vous devez résister, vous pouvez agir autrement.
L’enjeu n’est pas pour moi simplement de partager l’indignation si légitime soit-elle du peuple grec, mais bien de lui proposer une voie raisonnable et solide de sortie de crise.
Aider la Grèce à retrouver sa souveraineté pour mener une politique conforme à ses intérêts, c’est bien sûr aussi servir l’Europe toute entière. Car, n’en doutons pas, non seulement le plan d’austérité est choquant, mais il est totalement inefficace.
En asphyxiant l’économie grecque, l’Union européenne et le FMI scient la branche sur laquelle ils sont assis. Dans les faits, ils sont les idiots utiles d’un système financier mondial qui sait très bien que la Grèce devra sortir de l’euro et ne pourra pas rembourser toutes ses dettes, mais qui profite des plans de soutien pour refiler ses créances douteuses sur le contribuable corvéable à merci.
La Banque Centrale européenne a déjà racheté 45 milliards de dette grecque, les Etats 100 milliards ; et maintenant, ils veulent aller encore plus loin pour plus de 60 milliards supplémentaires. Au terme de ce tour de passe-passe extravagant, les deux tiers de la dette grecque ne seront plus détenus par les banques mais par les Etats. Des Etats qui ne se privent pas de demander toujours plus de sacrifices à leur population au nom de la soi-disant bonne gestion.
Ce sont donc les peuples qui sont les premières victimes de ce piège de l’endettement mis en œuvre et soutenu par les dirigeants européens au profit d’une petite oligarchie qui s’exonère de toute responsabilité.
A Athènes demain, je proposerai la sortie de l’euro, une restructuration en douceur de la dette, une relance de la croissance et de l’emploi, une nouvelle coopération entre les Etats européens.
Dans ces périodes troublées où le monde craque sous le réveil des peuples, il est vital que des consciences, d’où qu’elles viennent, s’élèvent et proposent un autre destin. La tâche est bien sûr périlleuse car ce sont toujours dans ces mêmes périodes que les récupérations excessives peuvent abuser des colères populaires.
Raison de plus pour se relever les manches !
Nicolas Dupont Aignan
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Interview de Nicolas Dupont-Aignan dans le Figaro
15/06/2011 14:19
INTERVIEW - Le président de Debout la République refuse le « pansement bleu » de l’UMP comme le « pansement rose » des socialistes.
Candidat à la présidentielle de 2012, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République et député (non inscrit) de l’Essonne, sera demain à Athènes pour soutenir la grève générale contre le plan de rigueur adopté par la Grèce. En 2007, il n’avait pu aller au bout de sa candidature faute d’avoir obtenu les 500 parrainages. Il vient de publier L’Arnaque du siècle, l’euro, les banquiers et la mondialisation (Éditions du Rocher, 13 €).
LE FIGARO. - Pourquoi manifester aux côtés des Grecs ?
Nicolas DUPONT-AIGNAN. - Parce que le plan dit « d’aide » européen est en train de tuer l’économie grecque, qui ne pourra pas rembourser sa dette et va donc ruiner les contribuables européens : 17 milliards pour les Français, soit le gain de la réforme des retraites. Et la fuite en avant continue puisque l’Union européenne veut encore ajouter 60 milliards aux 100 milliards d’aide de mai dernier. Le seul objectif, retarder l’inévitable sortie de l’euro de la Grèce et la restructuration de la dette pour permettre aux banques de récupérer une partie de leur mise en la transférant sur les contribuables. La dette grecque sera les nouveaux emprunts russes ! (Au début du XXe siècle, un million et demi de Français avaient investi dans des emprunts lancés par la toute jeune Union soviétique, mais ils n’ont jamais été remboursés, NDLR). Les dirigeants européens font penser aux médecins de Molière qui imposaient à des malades épuisés de nouvelles saignées. La vraie folie, c’est de continuer cette politique au service des banques et contre les peuples. Être raisonnable, c’est au contraire préparer dans le calme la sortie de l’euro de la Grèce, seul moyen de relancer la croissance et l’emploi dans ce pays exsangue et révolté.
N’êtes-vous pas manichéen ?
Regardez comment les peuples d’Europe se parlent par presse interposée : « Ils n’ont qu’à vendre leurs îles ! » lancent les Allemands en parlant des Grecs. « Faut-il obéir au IVe Reich ? » répondent les Grecs… Quel gâchis ! L’euro, censé consacrer l’union, n’a fait qu’exacerber les différences, intensifier les exaspérations. L’Europe supranationale s’effondre devant nous. Seule une Europe respectueuse des démocraties peut réussir.
Quels enseignements tirez-vous de votre précampagne présidentielle, commencée voilà six mois ?
La colère des Français est là, sourde et froide. Notre pays épuisé par l’euro trop cher, les charges trop lourdes et le libre-échange déloyal, est en train de perdre ses forces économiques alors que ce n’est pas une fatalité. Le PS propose un pansement rose, l’UMP un pansement bleu. C’est une fausse alternance. Les Français ont très bien compris que le pouvoir n’avait plus le pouvoir et faisait semblant d’agir. Moi, je propose un antibiotique en faveur de l’économie réelle pour relancer notre compétitivité, seul moyen de conserver notre niveau de vie. Mais pour cela, bien sûr, la France doit retrouver sa capacité d’agir, sa souveraineté. Si l’on veut relocaliser l’emploi, il faut sortir de l’euro, favoriser l’investissement productif, libérer les initiatives. C’est le sens de ma candidature, ramener la droite à la raison. Remettre le pouvoir, confisqué par une caste mondialiste, au service des Français.
Marine Le Pen a été créditée de plus de 20% d’intentions de vote par certains instituts de sondage : n’est-ce pas décourageant pour vous ?
Si l’on ramène ce chiffre à son exposition médiatique, je réalise un bien meilleur score qu’elle ! Marine Le Pen reprend certains des thèmes que je défends, mais elle reste prisonnière d’un parti qui divise les Français. Notre pays ne se redressera que par le rassemblement des Français derrière le drapeau, l’effort et les valeurs de la République.
Article Le Figaro
http://www.debout-la-republique.fr/Interview-de-Nicolas-Dupont-Aignan,1397.html
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Un quinquennat pour quoi ?
15/06/2011 14:05
L'Internaute a demandé à une série d'experts et de think-tanks de faire un premier bilan du quinquennat qui s'achève et de dresser les priorités de la campagne de 2012. La tribune de Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente de la Fondation Res Publica.
Résumer le quinquennat de Nicolas Sarkozy en termes de bilan est une tâche peu aisée. Ce quinquennat, contrairement aux mandats précédents, même le mandat interrompu de Georges Pompidou, laisse le sentiment d'une oeuvre mal définie : de Gaulle a exercé ses mandats en vue du projet de redresser la France, Pompidou pour faire la transition vers un conservatisme plus classique, VGE pour moderniser en surface, Mitterrand pour changer la donne en profondeur, Chirac pour maintenir cahin-caha une France fragilisée dans un monde qui lui échappait. Une série de contradictions obscurcissent au contraire non pas l'action, ce qui est normal, mais le fond même du projet de Nicolas Sarkozy.
Que voulait Nicolas Sarkozy ? Avant tout faire la "rupture" celle que la presse économique appelait de ses voeux depuis une bonne vingtaine d'années. Revoir la protection sociale, limiter le rôle de l'Etat, en bref, mettre la France aux normes libérales. Outre une résistance mal évaluée de la société française, survient la crise financière puis économique qui va le conduire à un discours volontariste parfois même étatiste jusqu'au sein de l'Union européenne. Ainsi éclate en morceaux le projet même qui devait donner son axe au quinquennat. On a donc des morceaux de « rupture » comme la réforme des retraites ou le choix fiscaux sans aucune cohérence d'ensemble. Faute d'avoir cette croissance économique que le candidat était prêt à aller chercher "avec les dents", il eût fallu revoir les priorités de la "réforme", retombée dans la banalité du libéralisme économique le plus classique.
Un quinquennat sécuritaire ? Outre qu'on aurait du mal à voir là un projet en soi, ni le redressement de la délinquance ni surtout la course de rattrapage des fait divers sanglants à coups d'annonces législatives rarement actées n'ont pu donner une cohérence à un discours dont la réactivité et l'agitation même ont été comme un écho aux actes isolés auxquels Nicolas Sarkozy prétendait donner un caractère emblématique.
Une société moins laïque et plus chrétienne (discours au Vatican en 2008, débat sur l'identité nationale) était l'accompagnement en termes de valeurs du projet présidentiel. N. Sarkozy a renoncé à réviser en ce sens la loi de 1905 et, si l'on ne peut que s'en féliciter, on voit bien que c'est plus résignation aux fondamentaux de la société française que compréhension de ses valeurs profondes.
L'atlantisme, projet majeur et traduction en politique étrangère de la "rupture". Nicolas Sarkozy choisit de se prosterner devant Bush, président dévalué et de toute façon sortant en battant froid à son successeur qui était pourtant à l'évidence le bon partenaire. Quant au retour au sein du commandement intégré de l'Otan, il consiste à mettre fin à notre indépendance sans aucune compensation, faisant perdre à la France le rôle qu'elle pouvait encore jouer vis-à-vis de l'Est et, bien sûr, du Sud.
Quid de la réforme des institutions ? En ce qui concerne l'exécutif, elles ont finalement résisté : le partage des rôles entre le président et le Premier ministre est en train de revenir vers la normale, avec pour seul effet collatéral d'avoir désorienté et démotivé l'administration. Quant au Parlement, nouvelle contradiction cette fois, entre les pouvoirs nouveaux censés accroître le rôle des assemblées et une réforme comme la "question prioritaire de constitutionnalité" qui bride au contraire le pouvoir souverain du Parlement de faire la loi. On ne saurait oublier, au titre des contradictions, l'adoption contre le choix référendaire du peuple souverain du traité de Lisbonne.
Trop de vide et trop de plein, ainsi a-t-on envie de résumer le quinquennat qui s'achève : vide des annonces non suivies d'effet, spécialement en matière pénale et policière ; vide d'un message de « rupture » qui n'est que la reprise de la vulgate libérale mise au point au XIXe siècle et qui revient à intervalles réguliers depuis lors. Trop plein de gestes, multiplication de discours volontaristes non suivis d'effet, de symboles inutilement provocateurs (le curé contre l'instituteur)...
Dans le manque de sens de ce quinquennat, les circonstances, sans doute, ont eu leur place. Mais savoir les intégrer, savoir dépasser son projet initial comme la plupart de ses prédécesseurs ont su le faire, voilà ce qui aura manqué à Nicolas Sarkozy.
------- Source : L'Internaute
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Prime aux salariés : « Nul ne saura qui a reçu quoi, quand et combien » ?
15/06/2011 13:59
Sans surprise, on apprend que, suite au lobbying des organisations d'employeurs contre le projet de prime aux salariés : Celle-ci, rencontre, avant sa discussion, ce soir à l'Assemblée : « beaucoup de réticences des élus de l'UMP »

Le 5 février 2009, Nicolas Sarkozy le « monsieur plus » du pouvoir d'achat et de la répartition des bénéfices déclarait, avec une fougue quasi marxiste : « Le compte n'y est pas pour les salariés », et de dénoncer « le siphonage des profits par les actionnaires »
Or, ce soir, commencent à l'Assemblée Nationale, les discussions sur : « le versement d'une prime aux salariés des entreprises de plus de 50 salariés dont le dividende par action augmente par rapport à la moyenne des deux exercices précédents » Voulue par notre Président nous rappelle Le Monde
Cette discussion, risque bien de mettre fin aux grands discours de l'exécutif, et laisser un goût amer à l'ensemble des salariés français. Ces mêmes salariés qui vont constater que, si l'état peut modifier le code du travail à la demande des employeurs, il ne peut les contraindre à augmenter les salaires ou accéder à : « (...) la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse (...) »
Car, comme nous vous l'expliquions sur Slovar le 31 mai dernier dans : « Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ? »
Laurence Parisot avait définit la stratégie de son organisation de la façon suivante : « On va expliquer aux députés, aux sénateurs » (...) Plus simplement, l'organisation patronale va effectuer, une vaste opération de lobbying auprès des parlementaires (...) »
Hier, à 24H00 du début de la discussion à l'Assemblée Nationale, le Medef a publié sur son site Web, un texte cosigné avec la CGPME et l'UPA : « La CGPME, le Medef, et l’UPA rappellent leur opposition à une prime liée aux dividendes »
Si celui-ci, rapelle l"hostilité des organisations patronales à la prime, pour des raisons plus ou moins idéologiques, comme : la non ingérence de l'état dans la vie des entreprises ou la méconnaissance des pouvoirs publics de la situation des entreprises, versant des dividendes. On notera le message ( volontairement surligné en gras sur le site), adressé aux députés
Extrait : « (...) nous appelons les parlementaires à bien peser les conséquences de leur décision. Laisser l'Etat s'immiscer dans la gestion des entreprises, c'est ouvrir la porte à une forme de dirigisme préjudiciable au fonctionnement normal de l'économie de marché. De plus, créer de faux espoirs par une mesure dogmatique contribuera à dégrader le climat social à l'intérieur comme à l'extérieur des entreprises (...) »
On pourra, au passage, faire remarquer à Jean-François Roubaud, président de la CGPME et auteur de cette phrase, qu'il a moins de scrupules à recevoir des aides de l'état ou en réclamer. Mais, obtenir le beurre et l'argent du beurre, est une statégie patronale de longue date !
Néanmoins, les députés de l'UMP semblent avoir compris le message, puisque, selon les mots du député UMP Yves Bur : « rapporteur du projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale qui inclut le dispositif : il y a au sein du groupe UMP beaucoup de réticences à accepter ce mécanisme. On peut s'interroger sur le principe d'un telle prime (...) »
Ce qui fait dire à Alain Vidalies (PS) : « (...) A l'inverse de ce que les Français avaient compris, cette prime n'aura rien d'obligatoire : il s'agit simplement d'une obligation de négocier qui pourrait à la limite n'aboutir qu'au versement d'un euro (...) »
D'où, une issue que chacun conçoit, et parfaitement résumée à l'AFP, par un parlementaire : « Au final, on aura du mal à savoir comment cela s'est passé, et à savoir qui a reçu quoi, quand et combien »
En contrepartie, les parlementaires UMP savent parfaitement que :
le bouclier fiscal supprimé ne le sera : « (...) qu'à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012 au titre des revenus réalisés en 2011 ». Ce qui représentera encore un coût pour les caisses de l'Etat de 550 millions d'euros en 2012 et de 200 millions d'euros en 2013, selon le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac »
Les oeuvres d'art continueront d'être exclues de l'assiette de l'ISF et que les artistes et producteurs (producteurs de disques et aux artistes-interprètes les plus fortunés) garderont leurs exonérations d'ISF
Oui, mais : « un chef d'entreprise, un rentier, un artiste, un collectionneur, contrairement à une caissière ou un employé de bureau, ça peut quitter la France et faire diminuer le rayonnement et le pouvoir d'attraction international de notre beau pays ! » expliqueront probablement, les députés UMP et les organisations d'employeurs, au salariés, en enterrant joyeusement, une des innombrables promesses ... non tenues de notre Président !
SLOVAR
Crédit image : Plantu
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