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Retour à la nation
15/06/2011 19:50
L’Europe doit alors être limitée à ce que les Européens arrivent encore à comprendre et à sanctionner lors des élections. L’Europe ne doit pas être la machine à lobbies et à compromis qu’est devenue Bruxelles et dont sont issues 80% de nos lois. L’Europe doit seulement être une Europe des démocraties.
par Dirk Schümer, pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, 8 juin 2011
L’Union européenne est ce qui pouvait arriver de mieux au continent depuis la chute de l’Empire romain. Mais il a fallu d’abord en passer par la catastrophe totale, afin que les Etats conquérants de l’Occident cessent de se jeter les uns sur les autres. Ce n’est qu’à partir de 1945 que les gens sensés n’ont plus cherché leur salut dans le nationalisme. L’idée européenne était simple : en intégrant progressivement les économies nationales, on supprimerait tout mobile, voire toute possibilité logistique de violence interétatique. Qui, en effet, ouvrirait le feu sur lui-même ? Le rêve est aujourd’hui réalité. Sur le plan administratif et juridique, le continent est l’espace économique le plus solide de la planète. Sans conflits internes, sans pauvreté de masse, sans dictature. Et maintenant ? Maintenant, l’Europe est au bout du rouleau.
Le rebut monétaire d'une petite bande de banquiers La devise commune s’effondre, transformée en rebut monétaire par une petite bande de banquiers et d’économistes aux abois à coups de renflouements d’urgence. L’UE ne conçoit l’immigration que par des hordes désespérées qui jouent à la roulette russe dans des barcasses de fortune sillonnant la Méditerranée. Face à la libération du Proche-Orient, chaque pays se lance dans sa propre guerre coloniale. Ou détourne pudiquement le regard.
Aujourd’hui, les producteurs de légumes italiens apprennent à leurs dépens ce qu’est un marché commun : quand, à cause d’une bactérie mortelle à Hambourg, ils ne peuvent plus exporter leurs produits en Russie. La France défend l’énergie nucléaire à la frontière allemande, tandis que les Allemands, eux, préfèrent fabriquer des éoliennes. Dans l’espace Schengen, les Danois construisent des préfabriqués pour abriter de tout nouveaux douaniers, parce que désormais, c’est de l’étranger que vient tout le mal. Et qui va expliquer à un ouvrier slovaque que sa retraite est aujourd’hui fichue parce que ces fraudeurs de Grecs veulent continuer à se la couler douce dès l'âge de 53 ans?
Faut-il vraiment s’étonner si les discours sans pitié contre l’UE récoltent en ce moment près de 20% des voix ? Ce qui est énigmatique, en revanche, c’est que la proportion de ceux qui souhaiteraient en finir tout de suite reste si faible. Et si l’Europe suscite encore l’approbation, c’est uniquement à cause du passé.
Le citoyen complètement oublié L’UE, avec ses ordonnances toujours plus nombreuses, qui ont imperceptiblement lié tous les Etats membres, est passée par la porte de derrière. Au début, il n’était question que d’acier et de la ferraille issue de la guerre. Puis, d’un accord sur la production de charbon. Ensuite, sur la production d’électricité. Après, il a été question d’agriculture. De douanes. De justice. De contrôles aux frontières. Et de monnaie. Et maintenant, de tout. Sans qu’un seul citoyen ait jamais été consulté.
Ce n’est pas par hasard qu’Hans Magnus Enzensberger a fait de l’Europe – le "doux monstre de Bruxelles" – sa nouvelle tête de Turc. Loin de déplorer les conquêtes civilisatrices de l’Union européenne, Enzensberger voit dans Bruxelles – son centre bureaucratique – un malfaiteur menaçant par sa folie centralisatrice et réglementatrice de transformer le continent en véritable "maison de correction".
Représentant de la première génération européenne à vivre en paix, il brise avec délectation un certain tabou en s’en prenant ainsi directement à l’Union européenne. Cela en fait-il un allié des Geert Wilders, Kaczynski, Le Pen et tutti quanti ? Evidemment non. Le "cancer" du "populisme de droite" dont parlent tous les médias n’est en réalité rien d’autre qu’une idéologie confuse et xénophobe ne reposant que sur un seul véritable ressort : celui du nationalisme.
Instinctivement, des masses d’électeurs européens se tournent aujourd’hui vers l’ordre ancien parce que le nouveau ne fonctionne pas.
Voilà le véritable problème. L’Europe est, selon la formule d’Enzensberger, un phénomène "post-démocratique". Dans la plupart des pays membres, le projet européen était la seule solution possible, si bien que ni la création de la CEE, ni les accords de Schengen ou l’introduction de l’euro n’ont été soumis à un vote. La richesse était comme automatiquement créée par le biais de l’ouverture des marchés et des aides structurelles, si bien que même des nations aussi fières que la Hongrie et la Pologne ont accepté sans rechigner de céder leur souveraineté fraîchement acquise à l’autorité de Bruxelles.
Il faut stopper la machine trop complexe de Bruxelles Même avec la meilleure volonté de la classe politique, tout cela n’aurait jamais pu fonctionner car il manque à l’Europe quelque chose de fondamental : une opinion publique commune. L’Union européenne nous apporte la preuve que la démocratie ne peut exister sans un discours commun. Les membres du Parlement européen, qui n’a de toute manière pas grand-chose à dire, sont élus dans le cadre de campagnes nationales. Les informations, les personnes, les traditions et les manières de s’affronter sont restées purement nationales. C’est pourquoi les majorités de droite comme de gauche se trouvent régulièrement en butte aux partis établis dès lors qu’il s’agit de l’Europe. La majorité des élites internationales, polyglottes et liées entre elles, ne suit tout simplement pas.
L’Europe doit alors être limitée à ce que les Européens arrivent encore à comprendre et à sanctionner lors des élections. L’Europe ne doit pas être la machine à lobbies et à compromis qu’est devenue Bruxelles et dont sont issues 80% de nos lois. L’Europe doit seulement être une Europe des démocraties. Aujourd’hui, nous ne pouvons aider l’Europe qu’en stoppant la machine trop complexe [de Bruxelles]. Tous les mécanismes de prise de décision doivent redevenir démocratiques, puis nationaux, régionaux ou locaux. Tout élargissement doit être arrêté et l’euro va de toute façon disparaître. D’ailleurs, il existe un pays qui a déjà achevé sa phase nationale et s’en remet entièrement à l’Union européenne. Il s’agit, et ce n’est pas un hasard, du plus européen de tous les pays : la Belgique. La démocratie s’y est noyée dans un marchandage d’intérêts régionaux. On y tient des élections mais il n’y plus de gouvernement. Les fonctionnaires s’occupent des affaires courantes sous la bride de l’Europe, sans grand bouleversement. La souveraineté du peuple et la politique ne veulent à proprement parler plus rien dire. Si nous voulons éviter ce sort, l’Europe n’a pas d’autre choix que de retourner à la nation et à la démocratie.
D.S
L'Observatoire De l'Europe
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Borloo convoque - la presse - sans convaincre
15/06/2011 19:21
Après les rétropédalages de Jean-Louis Borloo, candidat déclaré un jour, candidat putatif toujours, le centre droit a décidé de donner un énième coup d’épée dans l’eau en conviant les médias à la « première conférence de presse de l’Alliance »… Avant de prier ces derniers de repartir après seulement trois phrases prononcées par un Borloo visiblement mal à l’aise. Heureusement pour lui, le bug n'a pas été rapporté dans les gazettes.
Et maintenant, devant vos yeux éblouis… L’Alliance ! Après cinq mois d’attente insoutenable, les journalistes ont pu découvrir, hier, mardi 14 juin, la direction nationale de l’ARES (Alliance républicaine écologique et sociale) composée d’Hervé Morin, Jean-Louis Borloo, Hervé de Charette, et Jean-Marie Bockel. Priés de se présenter à 17h30 pétantes au deuxième bureau de l’Assemblée nationale, les médias n’ont pas été déçus du voyage.
17h30 : porte close. Dans le couloir étroit, une quarantaine de journalistes se pressent, impatients de pénétrer dans le saint des saints du centre droit.
17h40 : porte (toujours) close. Les journaleux sont tous en sueurs (34° dans le couloir, ça chauffe au centre)
17h50 : porte (décidément) close.
17h52 : la poignée bouge. Jean-Marie Cavada sort du deuxième bureau, se faufile entre les micros et parvient tant bien que mal à échapper aux journalistes. Après tout, l’homme n’est que porte-parole du Nouveau centre, aucune raison qu’un porte-parole ne se fende d’une quelconque déclaration à la presse. Yves Jégo, vice-président du Parti radical (PR), lui emboîte le pas.
Les médias pénètrent finalement dans une salle minuscule. Autour de la table, les présidents des quatre « partis »constituant l’Alliance (le Nouveau centre, le Parti radical, la Convention démocrate, la Gauche moderne) sont accompagnés de quelques membres de la direction collégiale et fraîchement composée du nouveau mouvement. Parmi eux, André Rossinot, président d’honneur du PR, Laurent Hénart, numéro deux du PR, Rama Yade, ou encore Valérie Létard.
Après quelques minutes de séance photo, le président du Parti radical prend la parole pour annoncer la création officielle du mouvement. Ceux qui ne sont pas devant n'ont aucune chance de l'apercevoir. Se lever pour être vu ? Trop classique. « Cette alliance a vocation, je vous le rappelle, à élargir considérablement la majorité sur son aile sociale, républicaine, européenne et écologiste », murmure Borloo.
Puis, l’ex-ministre de l’Ecologie enchaîne trois annonces de taille : la validation des candidats de l’Alliance pour les sénatoriales d’ici quinze jours, l’invitation à un « déjeuner républicain » le 26 juin, et l’organisation d’une université d’été le 10 septembre. Conclusion (au bout de quatre minutes d’allocution) : « La majorité a maintenant deux pieds. » Sur ces bonnes paroles, le patron valoisien se lève, enjambe les journalistes entassés, sourit à ceux qui le somment de rester pour répondre aux questions et disparaît. Au centre-droit, on sait recevoir.
« C’est du foutage de gueule ! », s’écrie un caméraman. Rien à faire, le candidat hypothétique s’est envolé, laissant à ses petits camarades le soin d’amuser une galerie médiatique passablement agacée. Décidément, la « détermination » de l’ex-ministre de l’Ecologie transparaît à chacune de ses sorties.
Quant à sa technique de communication, rien à redire, elle fonctionne à merveille : faute de merle Borloo, la presse se rue sur la grive Morin qui se prête bien volontiers au jeu et apparaît d'emblée beaucoup plus décidé à se lancer même sans s’être déclaré.
Borloo peut se féliciter, il vient de réussir un tour de force : ameuter la presse pour la convaincre qu’il n’est pas convaincu. Joli coup.
Laureline Dupont - Marianne
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Lagarde au FMI: pour un débat au Parlement!
15/06/2011 14:09
Alors que les jeunesses d’Europe se mobilisent pour réclamer un changement profond d’orientation politique, le petit « train-train » néolibéral poursuit son « bonhomme » de chemin. Pays après pays, les sociétés sont confrontées à des difficultés sociales croissantes : augmentation considérable de la précarité, baisse du pouvoir d’achat, augmentation des produits de premières nécessités – surtout alimentaires – scandaleuse stigmatisation des pauvres et de la pauvreté...
Et, Christine Lagarde va quitter Bercy pour prendre le chemin de Washington comme si tout cela allait de soi. La normalité de la mondialisation financière règne et impose sa force tranquille. Ce qu’approuvent certains à gauche. Certes, Madame Lagarde est une femme respectable mais le FMI, l’est-il et respecte-t-il les peuples ?
Quel modèle social soutient-elle ? Quelle politique souhaite-t-elle mettre en place ? Pense-t-elle que seule la rigueur imposée au peuple peut venir à bout de la crise économique et financière ? Pense-t-elle encore -comme le 27 juillet 2009 sur le 20 heures de France 2- que la taxe carbone sera la taxe « qui va sauver la planète ?», pense-t-elle encore que la « crise est finie et qu’elle est derrière nous » comme elle l’annonçait dès août 2007? … Oui souvenons-nous de cette annonce incroyable.
Si, tel est le cas, est-elle franchement la mieux placée pour occuper une telle responsabilité ? Que pense-t-elle du fonctionnement de l’euro, de la surévaluation du yuan, de notre absence de politique de change ? Que pense-t-elle du déséquilibre entre les revenus du capital et ceux du travail ? Que pense-t-elle de l’obligation faite aux Etats européens de soumettre leur budget à la commission de Bruxelles avant que nous puissions les voter ?
Des questions, il y en a encore beaucoup à adresser à Madame Lagarde. Ce sont, je pense, des questions dignes d’intérêts. Pourquoi ne peut-on avoir un débat au Parlement ? Sommes-nous déjà à ce point dans l’au-delà de la démocratie –et en ce qui nous concerne- de la République ? Après tout, le FMI ne se targue-t-il pas de « gouvernance mondiale » ?
Mais la gouvernance, n’est-ce pas le pouvoir sans les responsabilités qui devraient l'accompagner ?
------------- Consulter le blog de Christian Hutin.
------------- Source : Marianne2.fr
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Lynchage hebdomadaire : cette semaine, c'est la fête à Ferry!
15/06/2011 12:45
La grande roue médiatique a tournée. Luc Ferry succède à DSK. Après sa douteuse sortie évoquant la pédophilie d'un ministre, le philosophe de l'UMP se voit reprocher son salaire de prof, 4 499 €, pour des cours jamais effectués. L'occasion de passer en revue les autres fromages de la République, dont profitent nombre d'ex ministres? Même pas.
Une page entière sur les huit que comporte le Canard enchaîné, onze papiers ou dessins. Pour son édition du 8 juin, le journal satirique a soigné Luc Ferry : la fameuse une de la Marre au canard, le portrait, et le grand papier de la page 3, titré : « Un emploi fictif pour le moraliste Luc ferry ». Son nom apparaît 37 fois. Rebelote la semaine suivante. Neuf articles ou dessins, 25 citations. Depuis que l’ex-ministre philosophe a évoqué la passion coupable d’un ancien collègue du gouvernement pour les enfants, sa vie n’est pas simple. Outre la manière — il dénonce la pédophilie d’un ministre sur le plateau du Grand journal de Canal + — le philosophe moraliste se doit désormais de justifier également son salaire de professeur à l’Université Paris VII, 4 499 euros mensuel, quand il n’y a pas mis les pieds depuis 1997. On appelle ça l'arroseur arrosé...
Le cas Ferry qui aurait pu être l’occasion d’un grand déballage sur la question des « emplois fictifs » ne semble guère interroger la presse, qui se limite à demander des explications au seul philosophe. Pour légitimer sa « décharge de service public », d’ordinaire accordée aux fonctionnaires assumant un mandat syndical ou de gestion administrative (70 000 selon la Cour des comptes), le philosophe met en avant sa fonction de ministre puis celle, plus récente, de patron du Conseil d’analyse de la société (CAS). Un secrétariat, des frais, un petit complément de salaire de 1 700 euros, de quoi écrire des bouquins et assurer son débat hebdomadaire face à notre Jacques Julliard - éditorialiste à Marianne - sur LCI. Rapporteur spécial sur « la direction de l’action du gouvernement », Jean-Pierre Brard (groupe Gauche démocrate et républicaine) note : « De juin 2008 à juin 2009, le Conseil d’analyse de la société a tenu 15 réunions plénières. Depuis le rapport « Pour un service civique », qui a été remis au Président de la République le 10 septembre 2008, le Conseil a remis un rapport « Face à la crise » en mai 2009. Les doutes formulés par le Rapporteur spécial l’an passé quant à l’utilité du Conseil d’analyse de la société ont provoqué une réaction très vive de son président. Le Rapporteur spécial a été au moins convaincu de la capacité d’indignation du président dudit conseil. »
Les fromages dans l'éducation nationale
Ce comité Théodule, rattaché à Matignon, a donc toutes les caractéristiques d'un « fromage de la République ». Mais « l’emploi fictif » de Luc Ferry, ainsi levé par le Canard, n’a pourtant pas éveillé l’attention des média sur les autres personnalités, et notamment politiques, bénéficiant des « plaçous », comme aimait à le dire Jacques Chirac, grand pourvoyeur de fromages pour ses collaborateurs. Rien sur les 22 titulaires des postes d’inspecteurs de l’Académie de Paris, sur lesquels Marianne2 avait enquêté. Alors que dans leur rapport annuel 2010, les magistrats de la Cour des comptes, considèrent que ces 22 heureux occupent un emploi… qui ne correspond à « aucun besoin particulier de l’Académie de Paris ».
Ils sont pourtant de plus en plus nombreux. La Cour note en effet que ces nominations ont subi une vraie inflation entre 2001 et 2008 alors que les inspecteurs ne furent que six au cours des deux siècles précédents. Surtout, ces nominations, « caractérisées par de simples motifs de proximité politique », ont été « réservées à des collaborateurs de diverses autorités politiques (président de la République, Premiers ministres, ministres chargés de l’Education, autres ministres…) ». A droite comme à gauche les 4 500 euros net du poste fait les joies des anciens collaborateurs. On y trouve pêle-mêle : Nicole Baldet, l’ex-secrétaire particulière de Lionel Jospin, Christophe Borgel, un fidèle de Dominique Strauss-Kahn, ou encore Claude Roiron, ex-Secrétaire nationale du PS chargée de l’éducation et présidente du Conseil général d’Indre-et-Loire. Une ancienne du cabinet de Jack Lang, tout comme Christophe Degruelle, qui fut le directeur de cabinet de l’ancien ministre de l’Education.
A droite, on trouve 12 bienheureux : 9 nommés sous Jacques Chirac, 3 par Nicolas Sarkozy, qui prétendait rendre la république irréprochable. Anne Peyrat, qui occupa la fonction de conseillère à la culture au cabinet de Chirac, Fabrice Larché, chef de cabinet de Valérie Pécresse au ministère de l’Enseignement supérieur, ou encore Arnaud Teullé, conseiller à l’Elysée, qui, sans doute pour le remercier d’avoir cédé un canton de Neuilly-sur-Seine au prince Jean en mars 2008, a été lui aussi nommé inspecteur de l’académie de Paris le 2 mai 2008. Le même jour, David Teillet, délégué général de l’UNI (syndicat étudiant de droite) de 1998 à 2002, et actuel chef de cabinet de Xavier Darcos au ministère du Travail, hérita de la même promotion.
Et dessert pour les ambassadeurs de France parisiens
Rien sur les inspecteurs d’académie de Paris donc, mais rien non plus sur d’autres fromages. Comme celui des ambassadeurs français auprès d’institutions internationales à l’activité réduite.
La réalité du travail effectué par Rama Yade à l’Unesco, où elle représente la France avec le rang d’ambassadrice n’a pas été trop creusée lors de son interview dans l’émission C Politique, dont elle était l’invité dimanche 12 juin dernier. Celle qui a rejoint l’écurie de Jean-Louis Borloo, a été exfiltrée du gouvernement, lors du dernier remaniement de novembre dernier. Non sans la manière. Et coup de chance dans le grand jeu des chaises musicales pour les boulots sympas, l’ancien symbole de la diversité version Sarkozy s’est vu offert le poste qu’occupait Catherine Colonna pour les mêmes raisons qu’elle. En poste depuis 2 ans et demi, l’ancienne ministre aux Affaires européennes a eu tout le loisir d’attendre des jours meilleurs au chaud avec un bon traitement. Cooptée par un grand cabinet d’avocats anglo-saxon, avec la rémunération qui va avec, elle laisse bien volontiers sa place.
Idem pour Roger Karoutchi. Débarqué du gouvernement, l’ancien ministre chargé des Relations avec le Parlement attend son heure en occupant le fauteuil d’ambassadeur de France à l’OCDE. La sinécure fut occupée un temps par Xavier Darcos. L’ancien ministre de l’éducation y trouva refuge après avoir perdu son portefeuille en 2005 lorsque Jean-Pierre Raffarin quitte Matignon au profit de Dominique de Villepin. Rebelote en 2010. Le 22 mars, après la cata des élections régionales pour l’UMP, Xavier Darcos, candidat écrasé en Aquitaine, perd son ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville. Il ne reste que trois semaines sur le carreau, puisque le 10 juin, il est nommé lui aussi ambassadeur. Le décret ne précise pas pour rien qu’il est « chargé de mission pour l'action culturelle extérieure de la France ». Il s’agit en réalité d’offrir à l’ex-ministre les rênes de l’Institut Français. La consolation est bien maigre pour celui qui guigne le Château de Versailles, auquel s’agrippe encore Jean-Jacques Aillagon.
quid des micro fromages locaux?
Rien non plus sur les autres fromages évoqués par Luc Ferry dans son interview dans le Parisien : « j’ai refusé cette année d’être renouvelé comme membre du Conseil économique et social et l’an dernier d’être député européen. » Troisième Assemblée de la République, avec Assemblée Nationale et le Sénat, le CESE assure à ses membres, qui ont rang de parlementaire donc droit à une cocarde sur leur véhicule, une rémunération de 3 756,63 euros. Mieux, le système de retraite est lui aussi très alléchant : 800 euros mensuel à vie par mandat de 5 ans. Depuis longtemps, les nominations au CESE se font pour services rendus. L’Elysée y a par exemple envoyé dans sa dernière livraison Yves Urieta, l’ex-maire PS de Pau, qui a barré la route de la mairie à François Bayrou, ou encore d’Hugues Martin, le bras droit d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux.
Et que dire de Martin Hirsh qui se prépare lui-même ses boulots de dans deux ans tout en se faisant le champion toutes catégories de la lutte contre le conflit d’intérêt. Actuellement Président de l’Agence du service civique (ASC), il occupe le premier cette fonction après avoir quitter le gouvernement au sein duquel il aura forgé l’ASC. Une manie puisque déjà en 1997, cette fois sous un gouvernement de gauche, il sera celui qui jettera les bases légales de l’Agence française de sécurité sanitaire, dont il prendra la direction juste après sa démission.
Postes de fonctionnaires bidons, ambassadeurs farniente, présidences de pseudo administration, parlementaires au sein d’assemblées sans pouvoir, les fromages de la République sont multiples. Que dire du poste d’ambassadeur de la culture Française à Rome au sein de la Villa Medicis ? De patron de l’établissement public de Versailles. Et encore la liste est loin d’être exhaustive. Pire, elle se limite aux plus voyants, ceux au niveau national, ignorant les petits fromages des petites baronnies. Mais au niveau local, d’autres opportunités s’ouvrent. Elles sont elles aussi multiples.
Au grand jeu des potins, auquel se livre le tout paris lors de dîners où se mêlent les mondes des médias, du politique, du show business et du business tout court, Luc Ferry aurait fait un tabac avec sa révélation. Sauf que, l’impétrant l’a fait sur le plateau du Grand journal. Il suffisait de voir la tête de Jean-François Kahn pour comprendre ce qui aller se passer. Pris à ce moment là dans le tourbillon médiatique pour une phrase malheureuse qu’il a reniée sans tarder, le fondateur de Marianne a pu voir en direct les mouches changer d’âne. Et c’est ce qui s’est passé. Durant la semaine qui vient de s’écouler, Luc Ferry n’aura eu de cesse de s’expliquer sur sa situation. Sans lui jeter une bouée, le cas Ferry n’a rien d’un cas isolé. Mais le système médiatique semble tout a coup encalminé, incapable de le dépasser.
Emmanuel Lévy - Marianne
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Marine Le Pen passée au scalpel de Caroline Fourest et Fiametta Venner
10/06/2011 12:56
C'est la biographie dont on parle : dans un livre de 400 pages, les deux auteurs s'engagent et pronostiquent l'ancrage définitif du Front national dans une extrême droite xénophobe et raciste. Autrement dit, pour elles, la dédiabolisation du Front national est un attrappe-gogo.
Sous un discours lisse, les vieux démons ne demandent qu’à surgir, on le sent, on le sait. » Voilà le postulat de départ du livre de Caroline Fourest et Fiametta Venner, un livre engagé comme ceux qui l'ont précédé dans la bibliographie des deux auteurs. Sobrement intitulé Marine Le Pen, l’ouvrage poursuit un seul objectif : « Aller chercher le sous-titre, tenu en coulisse, pour le mettre sous la parole officielle. » Depuis que la fille du Menhir a arraché le parti frontiste des mains de son père au congrès de Tours, en janvier dernier, l’entreprise de dédiabolisation tourne à plein régime. Refusant de s’en tenir aux prises de position officielles de la nouvelle patronne du Front, les deux auteurs ont lu, interviewé, creusé, pour tenter de comprendre et de décrypter « l’arrière-pensée derrière un sourire de circonstance ».
Pour sonder l’adulte Marine Le Pen, Fourest et Venner débutent leur livre par un chapitre entièrement consacré à l’enfance de la patronne du FN. De sa naissance le 5 août 1968 à Neuilly à son diplôme d’avocat décroché en 1991, en passant par divorce de ses parents en 1984, tout est passé en revue. Fondées en grande partie sur l’autobiographie de Marine Le Pen, A contre flots, ces premières pages retracent une jeunesse jalonnée d’événements marquants, l’attentat de la villa Poirier en 1976 notamment, alors que la benjamine du clan Le Pen n’a que huit ans, ou encore le départ inattendu de Pierrette Le Pen un jour d’octobre 84.
Sans contester le traumatisme engendré par de telles expériences, les deux auteurs relativisent la position victimaire adoptée par la leader frontiste. Scolarisée à l’école publique de Saint-Cloud, Marine Le Pen affirme, dans son autobiographie, avoir servi de bouc-émissaire à ses petits camarades ainsi qu’à une classe enseignante plutôt marquée à gauche. Une vision exagérée selon Lorrain de Saint Affrique. Interrogé par les auteurs, l’ex-conseiller en com de Jean-Marie Le Pen assure que la jeune Le Pen était au contraire très populaire.
Cette perception erronée de sa propre position, Marine Le Pen la calque également sur le parti tout entier. Suite à l’affaire de Carprentras -dans laquelle le FN a été accusé à tort d’avoir profané un cimetière-, « elle perçoit le FN en martyr et réfute toute responsabilité ». Depuis 2002, convaincue que le mouvement subit une injuste diabolisation, « l’héritière tente par tous les moyens de « dédiaboliser » l’image du Front national. » Une volonté que les auteurs attribuent à « plusieurs moteurs ». Politique, d’abord : « Il s’agit de rassembler plus largement et de sortir le FN de l’impasse où l’ont conduite certaines provocations. » Instinctif, ensuite : « Depuis son enfance, elle se bat contre tous ceux qui attaquent son nom. »
Pour parfaire son œuvre, Marine Le Pen agit sur la forme -en réfutant le terme d’extrême droite pour qualifier son parti- et sur le fond – en faisant tout « pour élargir le cercle de ses alliés ». En quoi consiste son « nouveau discours » ? Dans le chapitre intitulé « Un discours attrape-tout », les auteurs tentent de résumer point par point les lignes directrices du programme du Front nouveau pour mieux mettre en lumière les contradictions qu’il renferme. Quand le sujet est délicat, comme c’est le cas de l’IVG notamment, Marine Le Pen en appelle au référendum pour éviter « d’avoir à assumer des positions trop tranchées ». Toujours favorable à la préférence nationale - même si Marine Le Pen considère aujourd'hui les enfants d'immigrés comme « nationaux » - et à la peine de mort, « sur de très nombreux points, la continuité entre le nouveau Front national et l’ancien est flagrante », concluent les auteurs. Ce n'est pas faux.
Quant à « l’OPA » de Marine Le Pen sur la République et la laïcité, Fourest et Venner lui ont réservé leur plus long chapitre, près de 115 pages dans lesquelles elles tentent de décoder « le nouveau refrain entonné » par la présidente du Front, un refrain à géométrie variable. Celle qui se pose en défenseur de la laïcité n’invoque guère ce mot « pour se battre contre l’explosion d’écoles catholiques intégristes, la propagande de militants anti-IVG ou le concordat qui perdure en Alsace-Moselle », soulignent les auteurs. Selon elles, le terme, dans l’esprit de la présidente frontiste, recouvre surtout la lutte contre « l’islamisation ». Mais même ce combat est mené de manière paradoxale. Alors que Marine Le Pen fustige les prières de rue, le FN multiplie les recours contre les maires autorisant la construction des mosquées. Sauf quand Jean-Marie Le Pen s'en mêle et propose au FN local de changer de position. Insoluble.
Fourest et Venner concluent leur livre sur une certitude : celle de voir Marine Le Pen « poser des pièges dans le débat public » pour quelques décennies. Puis, comme si l’enquête ne suffisait pas à démonter la stratégie de dédiabolisation de la nouvelle présidente, les auteurs se fendent d’une seconde conclusion en forme de petit précis de résistance au « nouveau » FN. Quasi incantatoires, ces dernières pages proposent, entre autres, de « responsabiliser les électeurs FN ». Louable. Dommage que les propositions pour y parvenir soient bien utopiques, comme si l'on pouvait « changer le peuple » : « S’il ne sert à rien de diaboliser les électeurs du Front national, il n’y a aucune raison de les déculpabiliser. [...] Bien des Français souffrent et ne votent pas FN pour autant. Ceux qui souhaitent se défouler peuvent faire du sport. Ceux qui veulent envoyer un «message» n'ont qu'à militer dans des associations. Voter Front national relève de la facilité. »
Laureline Dupont - Marianne
Marine Le Pen, de Caroline Fourest et Fiametta Venner, 2011, Grasset
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